Flageolet (instrument de musique) : histoire, types et caractéristiques

Le flageolet est un instrument à vent apparu en 1581 en France.

  • Inventé lors du Ballet comique de la reine.
  • Premiers modèles à 4 trous devant et 2 derrière.
  • Perce légèrement tronconique pour un son délicat.
  • Matériaux traditionnels : buis, ébène, ivoire ou os.
  • Variante célèbre : le double flageolet et le bird flageolet.

Histoire et origine du flageolet

L’invention du flageolet français est présumée remonter à 1581, année du célèbre Ballet comique de la reine. Cet instrument à vent trouve ses racines dans l’évolution de la flûte française à trois trous apparue à la fin du XIIe siècle.

Les premiers modèles possédaient quatre trous devant et deux trous derrière, une disposition unique. Une collection manuscrite intitulée « Lessons for the Flajolet » datant d’environ 1676 témoigne de son répertoire précoce. Au fil du temps, le flageolet a donné naissance à des variantes comme le double flageolet et le bird flageolet, adapté pour imiter le chant des oiseaux.

L’instrument connut un essor considérable jusqu’au XVIIe siècle, où il devint un incontournable des salons musicaux européens. Sa popularité traversa les siècles grâce à son timbre délicat et sa facilité d’apprentissage, séduisant aussi bien les amateurs que les compositeurs professionnels.

Le flageolet français : facture et répertoire

musical instrument flageolet

Caractéristiques techniques du flageolet français

Le flageolet français se distingue immédiatement par sa perce légèrement tronconique, qui lui confère un son délicat et précis. Sa configuration de doigté est très spécifique : 4 trous devant pour les doigts et 2 trous pour les pouces à l’arrière, ce qui le différencie nettement des modèles anglais à six trous.

  • Perce : légèrement tronconique, évasée vers le bas
  • Matériaux : buis, ébène, métal pour les modèles modernes
  • Bec : nacre, os ou ivoire, plat et caractéristique
  • 4 trous devant, 2 pouces derrière

Le bec de l’instrument est traditionnellement plat et ouvragé, taillé dans des matériaux nobles comme l’ivoire ou l’os. Les clés en argent ajoutées sur les modèles plus élaborés permettent d’étendre la tessiture et de faciliter certains passages chromatiques. Les flageolets français contemporains existent également en versions métalliques, plus robustes et adaptées à un usage moderne.

Répertoire et compositeurs associés

Le répertoire du flageolet français s’est constitué principalement aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, porté par des figures marquantes comme Thomas Greeting, auteur des premières méthodes imprimées. William Hill a enrichi ce répertoire au XVIIIᵉ siècle, tandis que Henry Purcell et Georg Friedrich Haendel ont intégré l’instrument dans leurs œuvres.

La collection manuscrite « Lessons for the Flajolet », datée d’environ 1676, constitue l’un des plus anciens recueils dédiés à cet instrument. Les compositeurs de l’époque baroque appréciaient le flageolet pour son timbre clair et nasal, idéal pour les danses et les airs de cour. Plus tard, Hector Berlioz lui-même a fait appel à cette sonorité particulière dans certaines de ses partitions orchestrales, valorisant sa capacité à percer l’orchestre sans dominer les autres instruments.

Design et facture instrumentale du flageolet

  • Bouche initiale : comme la flûte à bec, le flageolet est une flûte à conduit à sifflet. L’air est canalisé par un bloc (le biseau) vers une arête qui produit le son.
  • Windcap allongé : une évolution majeure est l’ajout d’un windcap (capuchon) qui entoure et prolonge le bec. Ce dispositif protège l’embouchure et permet au musicien de souffler sans avoir à positionner les lèvres directement sur le trou, ce qui rend l’instrument plus facile à jouer.
  • Bec standard plat : le bec est généralement plat, taillé dans des matériaux précieux comme l’ivoire ou l’os. Cette forme spécifique contribue au confort et à la sonorité douce et flûtée de l’instrument.
  • Double flageolet Bainbridge 1805 : fabriqué par William Bainbridge, ce modèle emblématique est constitué de deux tubes parallèles en bois massif. Chaque tube possède ses propres trous, permettant de jouer des mélodies à deux voix ou de s’accompagner soi-même, une innovation technique remarquable pour l’époque.

Le flageolet anglais : évolution et spécificités

Le flageolet anglais se distingue par une perce cylindrique et six trous de jeu sur le dessus, sans trous de pouce supplémentaires. Contrairement au modèle français, il est octavié par la pression du souffle, ce qui le rapproche techniquement du tin whistle moderne.

Le fabricant clé de cet instrument fut William Bainbridge, qui breveta le double flageolet en 1805. Ce modèle en bois massif comportait deux corps de flûte parallèles, permettant de jouer des harmonies ou des mélodies à deux voix simultanément, une innovation majeure pour l’époque.

L’évolution du flageolet anglais a directement influencé la création des tin whistles en métal au XIXe siècle. Sa facture, souvent en buis ou en ébène avec des clés variables, en faisait un instrument populaire dans les foyers victoriens pour l’éducation musicale domestique et la pratique amateur.

Usage du flageolet en musique

Compositeurs et œuvres célèbres

Bien que plus discret que la flûte traversière, le flageolet a trouvé sa place dans des œuvres de grands compositeurs. Henry Purcell et Georg Friedrich Haendel l’emploient dans plusieurs de leurs compositions, exploitant son timbre délicat et aérien. Plus tard, Hector Berlioz et Chalon l’intègrent également, souvent pour évoquer une atmosphère pastorale ou champêtre. Fait notable, plusieurs parties écrites pour piccolo dans les œuvres de Mozart étaient originellement destinées au flageolet, témoignant de la place de l’instrument dans l’orchestre classique.

Au-delà de l’écriture orchestrale, le terme « flageolet tone » désigne chez les instrumentistes à cordes et les flûtistes un type d’harmoniques doux. Cette technique de jeu, qui imite la sonorité pure et légère du flageolet, est devenue un effet expressif recherché dans le répertoire romantique et moderne.

Joueurs et contexte historique

Le flageolet n’a pas été qu’un instrument de scène : il fut aussi très prisé dans les foyers. Le célèbre diariste Samuel Pepys en jouait au XVIIe siècle et en mentionne l’usage dans ses écrits. Plus tard, l’écrivain Robert Louis Stevenson en pratiqua également, contribuant à l’image d’un instrument accessible aux amateurs éclairés. Cette popularité domestique explique pourquoi tant d’exemplaires anciens subsistent aujourd’hui, souvent en buis ou en ivoire. Il était couramment utilisé pour accompagner des chansons ou pour jouer des airs à la mode, avant d’être progressivement supplanté par le tin whistle et la flûte à bec au cours du XXe siècle, tout comme le bugle qui offre une alternative au timbre plus chaud dans les ensembles de jazz.

Origine et étymologie du nom flageolet

Le nom flageolet provient du vieux français où il signifie « petite flûte ». Il dérive du mot flajol, désignant une flûte à trois trous utilisée dès le Moyen Âge.

En provençal, on retrouve les variantes flaujol ou flautol, toutes liées à la famille des instruments à vent. Ce terme s’est imposé pour décrire la version française à quatre trous devant et deux derrière.

L’étymologie souligne ainsi le caractère à la fois portatif et populaire de l’instrument, associé dès son origine à un son clair et aigu.

Questions fréquentes sur le flageolet

Qu’est-ce que l’instrument de musique flageolet ?

Le flageolet est un petit instrument à vent de la famille des flûtes à bec, généralement en bois ou en ivoire, avec un bec et un trou d’index dorsal.

Quelle est la signification du nom flageolet en musique ?

Le nom « flageolet » vient du vieux français « flageol » et du latin « flatus » signifiant « souffle », désignant à l’origine une petite flûte pastorale.

Existe-t-il un autre nom pour la flûte traversière ?

Oui, la flûte traversière est parfois appelée « flûte latérale » ou « flûte horizontale », mais elle est distincte du flageolet par sa position de jeu et son embouchure latérale.

Quels sont les autres noms du flageolet ?

Le flageolet est aussi connu sous les noms de « flûte flageolet », « flageolet double », ou « flûte à bec anglaise » selon ses variantes et le contexte historique.


Cette évolution du flageolet vers des formes plus simples et accessibles rappelle la démarche des guitaristes modernes qui utilisent le power chord pour jouer des riffs puissants sans avoir besoin d'une technique avancée.