Qanun : histoire, caractéristiques techniques et guide d’achat de l’instrument

Le qanun est une cithare trapézoïdale à 78 cordes pincées, surnommée le « piano de l’Orient ».

  • Origine attribuée aux Arméniens ou Assyriens, avec un ancêtre égyptien antique.
  • Forme moderne remonte à la fin du XVIIIᵉ siècle, après l’évolution du psaltirio byzantin.
  • 78 cordes en nylon ou acier, tendues entre chevilles et chevalet.
  • Instrument central dans les traditions turque, arabe et arménienne.
  • Son ancêtre légendaire : des cordes d’intestins d’oiseau vibrantes sous le vent.

Histoire et origine du qanun

Les origines antiques et la légende fondatrice

  • Origine attribuée aux Arméniens ou Assyriens, bien que la piste la plus ancienne mène à l’Égypte antique
  • Ancêtre : harpe égyptienne antique dont le qanun serait un descendant direct
  • Légende fondatrice : des cordes d’intestins d’oiseau mort, mises en vibration par le vent, auraient éveillé l’idée de l’instrument

Cet instrument à cordes pincées, roi de la musique savante du Moyen-Orient, traverse les siècles avec une identité préservée. La tradition orale raconte qu’un berger, fasciné par le son d’intestins d’oiseau tendus par le vent, reproduisit ce phénomène sur un cadre en bois. La première forme attestée, une cithare rectangulaire, était déjà jouée dans les cours des pharaons.

L’évolution byzantine et le kanoun moderne

  • Forme grecque : « psaltirio » byzantin, ancêtre direct du qanun moderne
  • Forme ancienne : rectangulaire, avant d’adopter le profil trapézoïdal actuel
  • Kanoun moderne remonte à la fin du XVIIIᵉ siècle, avec des améliorations techniques décisives

Le qanun byzantin, baptisé psaltirio, s’est répandu de Constantinople aux rives du Nil. Les artisans de cette époque transformèrent la caisse rectangulaire en un trapèze élégant, améliorant la résonance. C’est seulement à la fin du XVIIIᵉ siècle que le kanoun moderne prend sa forme définitive, avec des chevilles et un chevalet permettant un accordage plus fin. Aujourd’hui, il s’est imposé dans les traditions turque, arabe et arménienne, chacune apportant ses propres choix de fabrication et de gamme.

Définition et description générale du qanun

qanun musical instrument

Le qanun, souvent surnommé le « piano de l’Orient », est un instrument à cordes pincées de la famille des cithares sur table. Il se présente sous la forme d’une cithare trapézoïdale dotée de 78 cordes tendues entre des chevilles et un chevalet, produisant un son cristallin aux nuances riches et enveloppantes.

Cet instrument occupe une place centrale dans les musiques savantes du monde arabe, iranien et d’Asie du Sud-Ouest. Les orthographes varient selon les régions : on trouve qanun, kanoun, kanun ou qanoun. Sa sonorité délicate, capable d’une grande expressivité, en fait un pilier des ensembles orientaux.

Caractéristiques techniques : cordes, fabrication et accord du qanun

Élément technique Description Particularité
Cordes 78 cordes en nylon ou acier Tendues entre chevilles (المفاتيح) et chevalet (الجسر)
Structure Cithare trapézoïdale Famille des cithares sur table
Accord de base Gamme d’ut majeur Départ sur sol n°2
Leviers d’altération Permettent de modifier les notes Un levier par corde, pour ajustements microtonaux
Tempérament Pas un tempérament égal fixe Ajustements possibles pour les maqams
Matériaux Bois, métal pour chevilles Finition soignée, table d’harmonie fine

Les 78 cordes sont groupées par trois (parfois deux) pour chaque note, offrant un son riche et une résonance prolongée. Le chevalet fixe la longueur vibrante de chaque corde, tandis que les chevilles (المفاتيح) permettent un accordage stable. Les leviers métalliques, placés près de la main gauche, relèvent la hauteur d’une corde d’un demi-ton ou d’un quart de ton, essentiel pour restituer les maqams arabes, turcs ou arméniens.

La fabrication est artisanale : la table d’harmonie en épicéa ou cèdre est minutieusement travaillée pour garantir un timbre cristallin et des nuances riches. Chaque qanun est assemblé par un luthier expérimenté, qui règle individuellement les 78 cordes tendues entre chevilles et chevalet. La caisse trapézoïdale, souvent décorée, amplifie naturellement le son.

L’accord initial se fait en ut majeur, avec le sol n°2 comme référence. Le musicien ajuste ensuite chaque corde à l’aide d’un accordoir et des leviers d’altération pour s’adapter au mode choisi. Cette flexibilité distingue le qanun des instruments occidentaux à tempérament égal et permet une grande finesse d’interprétation.

Guide d’achat et vente de qanun

  • Types : turc, arabe, arménien chaque tradition possède ses propres nuances de facture, de tempérament et de style de jeu. Le qanun turc se distingue souvent par une table d’harmonie plus souple et des leviers de modification plus nombreux, tandis que le modèle arabe privilégie un son plus rond et un registre adapté aux maqâms orientaux. Le qanun arménien, quant à lui, conserve des influences byzantines et caucasiennes.
  • Modèle standard : 78 cordes la quasi-totalité des qanuns vendus aujourd’hui comptent 78 cordes réparties en chœurs de trois cordes par note. Ce nombre n’est pas un hasard : il offre un équilibre entre puissance sonore, richesse harmonique et précision de l’accordage.
  • Achat en ligne et à Paris plusieurs luthiers et revendeurs spécialisés proposent la vente de qanun neuf ou d’occasion. À Paris, des adresses historiques comme la rue de Douai ou certains ateliers de l’Est parisien permettent d’essayer l’instrument avant l’achat. En ligne, des plateformes dédiées à la musique orientale livrent en France sous huit à quinze jours ouvrés.
  • Sites spécialisés : Salam Musik, Chadebec ces deux références figurent parmi les principaux distributeurs en Europe. Salam Musik propose une gamme de qanuns turcs, arabes et arméniens avec des bois variés (noyer, érable, mûrier). Chadebec, fort d’une expérience dans la lutherie orientale, offre des modèles artisanaux sur commande, avec un suivi personnalisé de l’accordage.
  • Appelé « reine de la musique savante du Moyen-Orient » ce surnom reflète la place centrale du qanun dans les ensembles classiques arabes, turcs et iraniens. Sa sonorité cristalline et sa capacité à moduler finement les intervalles en font un instrument soliste prisé autant qu’un accompagnateur indispensable dans un takht ou un orchestre.

Foire aux questions (FAQ)

Quelle est la définition d’un qanun ?

Le qanun est un instrument de musique à cordes pincées, plat et trapézoïdal, joué en position horizontale. Il est composé d’une caisse de résonance en bois, de plusieurs chevalets et de nombreux chevilles permettant d’accorder chaque corde individuellement.

À quelle famille d’instruments appartient le qanun ?

Le qanun appartient à la famille des instruments à cordes pincées, plus précisément celle des cithares sur table. Il se distingue par son corps plat et ses cordes tendues parallèlement sur toute sa longueur, sans manche, que l’on pince avec des bagues.

Que signifie le terme kanun désignant un instrument de musique ?

Le terme « kanun » vient du mot grec « kanon », qui signifie règle, norme ou principe. Il désigne l’instrument en référence à sa forme géométrique régulière et à son rôle de référence pour l’accord des notes dans la musique modale orientale.